Lueur d’espoir ou affaire risquée ? Une revue critique des directives de l’ONU sur les cadres de financement nationaux intégrés (CFNI)

Les pays du Sud sont confrontés à une situation économique désastreuse. Déjà aux prises avec l’urgence climatique, ils doivent maintenant faire face à des chocs aggravés par la pandémie actuelle de COVID-19 et par les retombées de l’instabilité géopolitique, notamment la guerre en Ukraine. On estime que l’effet cumulé de ces crises pourrait faire basculer 263 millions de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté cette année.

Dans ce contexte sombre, les cadres de financement nationaux intégrés (CFNI) – une approche par laquelle les pays peuvent élaborer des stratégies de financement de leurs priorités nationales en matière de « développement durable » – sont considérés comme une « lueur d’espoir ».

Intitulé Lueur d’espoir ou affaire risquée ? Une revue critique des directives de l’ONU sur les cadres de financement nationaux intégrés (CFNI), ce document jette un doute sur le fait que, dans leur forme actuelle, les CFNI puissent réellement être à la hauteur de cette affirmation ou que leur « lumière » (attractivité) puisse mener les pays dans des directions risquées tout en détournant l’attention des solutions structurelles fondamentales qui sont réellement nécessaires pour atteindre la justice économique dans le Sud. Elle met en évidence trois principaux sujets de préoccupation concernant la manière dont ces cadres sont promus et mis en œuvre :

  • les CFNI peuvent détourner l’attention des processus politiques mondiaux des impératifs plus larges de justice économique
  • ils érodent l’appropriation par les populations locales des stratégies de financement qui affectent leur vie
  • ils peuvent encourager les pays à favoriser des réformes risquées.

Il ne fait aucun doute qu’en ces temps économiques sombres, les « lueurs d’espoir » sont grandement nécessaires. Mais l’analyse présentée dans ce document suggère que les CFNI, tels qu’ils sont actuellement promus et mis en œuvre, sont au mieux une lumière illusoire – et au pire risquent d’obscurcir l’avenir. La poursuite de la promotion des CFNI est problématique tant que les principales préoccupations exprimées dans ce document ne sont pas résolues. Cela signifierait :

  • un changement du discours sur le rôle des CFNI dans le financement du développement
  • un rôle central pour les organisations représentatives de la société civile et les mouvements populaires
  • permettre des choix libres sur l’opportunité et la manière de mettre en œuvre les CFNI
  • rééquilibrer les options politiques des CFNI en les éloignant des réformes risquées.

Ce document du POED, qui s’inscrit dans le cadre des défis mondiaux actuels, fait suite au document publié en juillet 2021, Ambitions et préoccupations : Un aperçu des CFNI. Il se fonde sur une étude documentaire détaillée des documents d’orientation sur les CFNI publiés par le Département des affaires économiques et sociales des Nations unies (ONU), ainsi que sur d’autres documents issus du processus de financement du développement des Nations unies et de parties prenantes internationales jouant un rôle de premier plan dans le processus des CFNI. Les principales conclusions ont été discutées lors d’un événement officiel organisé en marge du Forum politique de haut niveau des Nations unies en juillet 2022.

Regardez l’événement sur les CFNI ci-dessous:

Le POED est reconnaissant pour le leadership de Polly Meeks sur ce rapport et tient à remercier les collègues des OSC et les praticiens experts qui ont fourni des suggestions et des commentaires. Ce projet du POED a été coordonné par Luca De Fraia pour le secteur OSCI. #

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