Bruxelles, Belgique
7-8 décembre 2023
Des délégués de certaines organisations de la société civile (OSC) du monde entier se sont récemment réunis à Bruxelles pour un atelier de formation de deux jours organisé par le Partenariat des OSC pour l’efficacité du développement (POED) sur le quatrième cycle de suivi (4MR) du Partenariat mondial pour une coopération efficace au service du développement (PMCED).
Principaux enseignements
- Les délégués ont remarqué que le processus de suivi est l’une des caractéristiques distinctives du PMCED, ce qui a été reconnu lors du Sommet sur l’efficacité à Genève en décembre 2022 et dans le document final de Genève, plus précisément. Le cadre de suivi du PMCED constitue toujours l’un des processus de suivi les plus importants qui fournit des données granulaires sur la mise en œuvre des engagements en matière d’efficacité du développement, avec la participation officielle d’acteurs non exécutifs, y compris les OSC.
- Le 4MR s’étendra sur quatre ans et aboutira à un rapport complet en 2026. Ce rapport contribuera à combler un manque de données d’environ huit ans, puisque le dernier rapport et les dernières conclusions ont été discutés lors de la réunion de haut niveau (SLM) du PMCED en 2019. Les OSC estiment qu’il est urgent de combler ce manque d’informations de la manière la plus complète possible et s’engagent pleinement à jouer un rôle actif à cet égard.
- La POED a joué un rôle actif et essentiel dans le processus de révision qui a conduit à l’approbation de la nouvelle offre de preuves du PMCED. Le déploiement du 4MR intervient à un moment où les ressources du POED sont incertaines, ce qui implique que les OSC se préparent à une approche autofinancée de ce nouveau cycle de suivi. Cet arrangement présente un dilemme où la réalité d’un cycle de rapport très exigeant, qui nécessite une participation active des OSC dans les pays et une coordination au niveau mondial, coïncide avec l’absence d’un budget approprié pour financer les activités opérationnelles du groupe d’OSC par l’intermédiaire d’un secrétariat dédié.
- Ce problème de ressources a également un impact sur la capacité des OSC à renforcer leurs capacités, ce qui peut les aider à s’engager dans le 4MR. Actuellement, le niveau d’expérience des OSC en matière de suivi est inégal, et les délégués ont exprimé le besoin d’une formation plus poussée, en particulier aux niveaux régional et national.
- Les délégués se sont ensuite familiarisés avec le cadre de présentation des rapports et ont partagé leur expérience dans le cadre d’un exercice d’apprentissage mutuel. Dès le départ, la réflexion commune a mis en évidence les défis posés par un processus de suivi qui sera dirigé par les gouvernements nationaux. En fait, le cycle de suivi du PMCED a des implications qui vont au-delà des aspects techniques et qui sont directement liées à des questions fondamentales concernant la gouvernance démocratique nationale et la participation dans les pays. Dans ce contexte, les tendances négatives qui affectent l’espace des OSC, aggravées par les mesures mises en œuvre en réponse à la pandémie de COVID-19 ainsi que par la propagation des régimes autocratiques, pourraient remettre en question la pertinence des résultats de ce cycle de suivi.
- Les points focaux des OSC jouent un rôle important dans la collecte des données. Une action coordonnée sera nécessaire pour s’assurer que les points focaux des OSC sont sélectionnés après des consultations appropriées avec la communauté locale des OSC. L’authenticité des données produites par les OSC doit également répondre à un seuil de crédibilité et de qualité.
- Les OSC doivent pouvoir fournir un retour d’information au-delà de l’évaluation de l’environnement favorable (EEA), ce qui, entre autres, pourrait encourager la soumission de rapports parallèles chaque fois que possible, y compris le suivi des donateurs. Pour ce faire, les OSC doivent être impliquées dans le suivi à toutes les étapes du processus, de la collecte des données à l’examen, l’analyse et la validation.
- Des inquiétudes ont été exprimées quant à l’étape où les résultats nationaux sont censés être diffusés et discutés dans le cadre de notes d’information et de dialogues d’action. Conformément aux préoccupations ci-dessus concernant un environnement participatif propice, il a été remarqué qu’un processus de réflexion transparent est nécessaire pour renforcer l’appropriation démocratique du processus de suivi au niveau national, idéalement par le biais d’un mécanisme d’engagement institutionnalisé pour toutes les parties prenantes. Le POED a réitéré l’importance de transformer les données en véritables changements de comportement. Dans ce contexte, nous suggérons qu’un effort spécifique soit fait pour contrôler le processus de suivi lui-même.
- À la fin de l’atelier de deux jours, les délégués du POED se sont engagés à travailler ensemble au cours des 12 prochains mois pour créer une synergie en vue d’une participation efficace des OSC au cycle de suivi. D’ici le deuxième trimestre 2024, l’équipe du POED se réunira pour examiner les progrès accomplis et tracer la voie à suivre pour les années suivantes.
- Nous appelons le PMCED à s’engager dans la mise en œuvre complète du cycle de suivi en garantissant la participation active de toutes les parties prenantes et en prévoyant un processus d’engagement transparent, significatif et complet.

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