La réponse à la Covid-19 est inefficace et ne repose pas sur une approche fondée sur les droits humains – POED

Dans son récent webinaire mondial, la plateforme de la société civile POED (Partenariat des OSC pour l’efficacité du développement) a décrit la réponse à la pandémie dans le monde comme étant inefficace et présentant de sérieuses lacunes au regard des droits humains et du principe de ne laisser personne de côté (« Leave No One Behind »), en s’appuyant sur sa recherche multipartite Le monde en quarantaine, le développement a l’arrêt : Un rapport spécial du POED sur l'(in)efficacité de la réponse à la Covid-19.

Le Dr Michael Ryan, directeur exécutif du programme d’urgence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et orateur principal de l’événement, a fait écho à ces conclusions : De nombreuses communautés sont actuellement dans l’angle mort et ne sont pas observées sous l’angle de l’équité et des droits humains. Cette pandémie est inégale dans le monde, elle est inégale dans ses impacts. Elle a été un grand révélateur : elle a décollé les pansements de vieilles blessures dans notre société et elle a également révélé de nouvelles inégalités. »

Le Dr Ryan a déploré que, malgré les excellents exemples de résilience communautaire et de coopération internationale, y compris au sein de la société civile, pour lutter contre la pandémie, le monde « ne fait pas un très bon travail pour garantir le respect des droits humains fondamentaux : le droit à la santé, le droit d’accès à la santé, le droit à la dignité personnelle, et dans certains cas, Covid-19 a été utilisé comme un moyen de priver les gens de leurs droits. « Nous avons obtenu un F, pour ce qui est de ne pas laisser tout le monde derrière nous », a-t-il renchérit.

Le Dr Ryan a ensuite félicité le POED pour son rapport, en déclarant : « C’est assez impressionnant. J’aime beaucoup la façon dont vous avez abordé l’appropriation démocratique et les partenariats inclusifs, la transparence et la responsabilité. Et cet accent mis sur les résultats, je pense que c’est vraiment important », ajoutant : « Trop souvent, nous parlons en abstractions. Nous devons vraiment nous pencher sur la façon dont nous générons des résultats, sur la façon dont nous mesurons les résultats. Et comment nous utilisons les résultats pour guider nos actions. »

Dans l’étude du POED, la co-présidente Beverly Longid et Josefina Villegas, représentante de la région Amérique latine et Caraïbes, ont partagé le fait que de nombreux États ont utilisé la pandémie pour attaquer les droits humains et les libertés civiles, telles que les libertés de mouvement, d’association et d’organisation, et que certains pays ont déployé des forces de police excessives, au lieu de solutions médicales complètes comme première réponse à la pandémie.

Les attaques contre les droits humains et les espaces démocratiques, explique l’étude, « limitent les systèmes et les mécanismes de promotion des principes d’une coopération efficace pour le développement (CED) dans la réponse à la pandémie et sapent la position des organisations de la société civile (OSC) en tant que partenaires et actrices indépendantes du développement à part entière. » Dans le même temps, l’étude reconnaît que malgré les défis de la pandémie et le rétrécissement de l’espace civique, les OSC ont continué à s’engager dans le travail de plaidoyer, en aidant à créer des plans de développement alternatifs, en particulier pour les personnes marginalisées, afin de ne laisser personne de côté.

Au sujet de la Covid-19 et de son impact sur la mise en œuvre de l’agenda de l’efficacité au niveau national, Ulrika Modeer, secrétaire générale adjointe, administratrice adjointe et directrice du Bureau des relations extérieures et du plaidoyer au Programme des Nations unies pour le développement, a expliqué que le principal défi de la pandémie pour les objectifs de développement durable (ODD) serait les inégalités croissantes – entre les pays pauvres et les pays riches, mais aussi à l’intérieur des pays riches – qui ont permis la propagation de la pandémie. Elle a également souligné la nécessité d’examiner le principe de l’efficacité du développement et de mettre les pays, les donateurs et les gouvernements au défi de mobiliser des ressources autour de ce principe.

Dans le même temps, lors de sa session intitulée « Rendre l’aide transparente, prévisible et responsable pour améliorer l’efficacité de la réponse à la pandémie », Gabriella Fesus, responsable de l’inclusion sociale et de la protection, de la santé et de la démographie à la Commission européenne, a parlé des efforts de la Commission pour mobiliser des ressources, y compris un soutien financier et technique, et a reconnu qu’il était nécessaire d’améliorer le système et de développer davantage l’appropriation, l’alignement et l’inclusion.

Catherine Turner, chercheuse indépendante pour le secteur des organisations de la société civile internationale (OSCI) du POED, a constaté les mêmes impacts sur la société civile internationale, dans le cadre de ses recherches. Elle explique que les OSC sont confrontées à des limitations de leur environnement opérationnel, qui se manifestent sous la forme d’un rétrécissement de l’espace civique et d’une restriction des mouvements,. Il y aussides préoccupations concernant le financement et l’exclusion des OSC par le gouvernement dans les processus de prise de décision, même si elles sont sollicitées par les gouvernements.

Helen Holm, coordinatrice de la réponse à la Covid-19 à l’Agence suédoise de coopération internationale au développement (Sida), a partagé le point de vue du Dr Ryan concernant l’échec du monde à promouvoir les droits humains dans la réponse à la pandémie, et a parlé de la façon dont les donateurs peuvent mieux appliquer les principes de la coopération efficace au développement dans la réponse à la pandémie afin de ne laisser personne de côté et de produire des résultats. réponse à la pandémie afin de ne laisser personne de côté et de produire des résultats. Par exemple, elle explique que la Sida a reconnu très tôt la nécessité de soutenir la société civile, d’autant plus que des mesures restrictives ont été mises en place.

Enfin, sur la question de savoir si les réponses à la Covid-19 respectent le principe d’appropriation par les pays de la CED, Monica Asuna, économiste en chef adjointe au Trésor national du Kenya, a fait part des difficultés rencontrées pour répondre aux préoccupations prioritaires du pays, en particulier le besoin d’une assistance sociale pour les personnes lourdement touchées et d’équipements de santé et d’autres ressources pour lutter contre la pandémie.

Les discussions ont été modérées par le coprésident du POED, Justin Kilcullen.

Le POED est une plateforme ouverte qui réunit des organisations de la société civile du monde entier sur la question de l’efficacité de la coopération au développement (CED). Il s’efforce de rendre le développement plus efficace en remodelant l’architecture de l’aide mondiale et en donnant des moyens aux OSC qui travaillent sur le terrain.

Pour télécharger l’étude et en savoir plus, visitez la page web du POED sur ses engagements dans le cadre de la Covid-19, csopartnership.org/fr/covid-19.#

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