Les défauts d’efficacité entravent les progrès pour le développement durable – étude ENV 2021 du POED

Le 6 juillet 2021 dernier, la plateforme mondiale de la société civile Partenariat des OSC pour l’efficacité du développement (POED) a lancé son étude sur la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD) et des examens nationaux volontaires (ENV) au niveau national, intitulée « Le long chemin vers le développement: comment les défauts d’efficacité entravent la mise en oeuvre de l’Agenda 2030 ».

Préparé à temps pour le Forum politique de haut niveau des Nations unies, le rapport présente les réflexions et les recommandations des organisations de la société civile (OSC) sur la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD) au niveau national, analysée au prisme des principes de la coopération efficace pour le développement (CED).

Les conclusions et l’analyse sont basées sur les résultats d’une enquête menée par le POED du 27 mars au 30 avril 2021. Au total, 109 OSC de 45 pays y ont participé. Tous, sauf trois, dont tous les pays en développement. Le POED mène cette étude annuellement depuis 2018.

Le cadre de l’étude ENV du POED est celui des quatre principes de l’efficacité du développement : l’appropriation des priorités de développement par les pays en développement, les partenariats inclusifs pour le développement, l’accent mis sur les résultats, et la transparence et la responsabilité.

Dans l’ensemble, les résultats de l’étude montrent que des progrès ont été réalisés en matière d’appropriation, de transparence et de responsabilité, de cadre de résultats par pays et de focalisation sur les résultats. La focalisation sur les résultats est le domaine où les progrès sont les plus lents.

L’étude a également révélé que les budgets nationaux ne sont pas alignés sur les priorités des ODD, que le cadre de résultats des ODD n’est pas ouvert au public et que les gouvernements ont tendance à mettre en avant les réalisations dans leurs rapports sur les ODD tout en laissant de côté leurs lacunes et leurs échecs.

En outre, la plupart des gouvernements n’ont pas été proactifs dans la diffusion des informations sur les ODD, certains gouvernements consultent les OSC dans les discussions sur les ODD, mais les contributions de la société civile n’influencent pas nécessairement la formulation et la mise en œuvre des politiques relatives aux ODD.

La mise en œuvre des ODD a été retardée ou perturbée par la pandémie et les restrictions qui y sont liées, telles que les confinements. Elle a toutefois produit des avantages contingents notables, tels que la formation de partenariats multipartites et la promotion de l’égalité des genres dans les programmes de développement nationaux.

Enfin, les OSC interrogées ont identifié des lacunes importantes dans la mise en œuvre des ODD, notamment le manque de ressources pour l’engagement de la société civile dans les processus des ODD.

Rita Triharyani, du centre de réhabilitation Yakkum, basé à Yogyakarta, s’est exprimée sur les rapports ENV en Indonésie. Elle a expliqué que le ministère indonésien du développement et de la planification a ouvert un canal en ligne pour que les OSC et les universitaires puissent s’y engager. Le projet de rapport ENV de l’Indonésie a été ouvert à la consultation. Le département national des statistiques de l’Indonésie a contribué à la collecte de données plus inclusives malgré la pandémie.

Cependant, les OSC ne sont pas informées de l’agrégation et de la collecte des données, les conditions de participation des OSC aux consultations sont limitées, et seules les OSC basées à Jakarta peuvent participer aux consultations sur le projet de rapport en raison du court préavis de lancement du projet de rapport. Un nombre limité d’organisations travaillant avec des personnes handicapées ont participé aux ENV de cette année, malgré l’accent mis sur l’inclusivité.

Matt Simonds, Responsable des politique et de la liaison au POED, a expliqué que les expériences présentées comme celles de l’Indonésie reflètent les mêmes conclusions de l’étude ENV 2021 du POED. Il en va de même pour le Myanmar, comme l’a partagé Nyi Nyi Aung du Local Resource Center, membre du POED.

Il a expliqué que l’espace de la société civile birmane se rétrécit et que de nombreux dirigeants d’OSC sont détenus ou se cachent depuis la prise de pouvoir du régime militaire. Selon lui, cette situation a rendu difficile la réalisation des objectifs des ODD. L’assistance aux camps de personnes déplacées à l’intérieur du pays est également rendue difficile par les restrictions de voyage, et le travail humanitaire est devenu plus difficile. L’aide humanitaire dans la situation du COVID-19 est également entravée par les militaires.

L’étude du POED propose les recommandations suivantes pour promouvoir des progrès significatifs dans l’Agenda 2030 :

  • Les détenteurs de devoirs doivent coopérer avec la société civile pour traduire l’Agenda 2030 en plans, programmes et efforts de suivi locaux.
  • Les processus nationaux d’examen des ODD doivent être ouverts au public, et la diffusion des informations doit être menée de manière proactive, en contact avec les citoyens et pas seulement avec les experts techniques.
  • Garantir l’engagement de la société civile dans la mise en œuvre de l’Agenda 2030 en formalisant et en institutionnalisant la participation des OSC dans les structures de gouvernance.
  • Respecter et protéger les droits de tous les citoyens à effectuer leur suivi et leur examen indépendants de l’Agenda 2030, y compris ceux qui peuvent être critiques à l’égard des politiques et des programmes de l’État.
  • Établir les liens entre les politiques, les programmes et les allocations budgétaires spécifiques et les résultats lorsqu’ils rendent compte des progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’Agenda 2030.

L’étude 2021 et celles des années précédentes sont accessibles ici.

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