Au-delà de l’égalité : Affirmer le droit des peuples à l’alimentation et lutter pour la souveraineté alimentaire !

La disparité alarmante entre les riches et les affamés s’accentue de jour en jour.

Au milieu de la pandémie actuelle et des crises mondiales qui y sont liées, près d’un milliard de personnes dans le monde souffrent de la faim en 2020. Plus de deux milliards, par ailleurs, n’ont pas accès à une alimentation adéquate. La tendance de la faim et de la malnutrition dans le monde est à la hausse ces dernières années, mais l’année dernière a connu une augmentation stupéfiante – égale à celle des chiffres des cinq années précédentes réunis. À cela s’ajoutent les prix des denrées alimentaires qui n’ont jamais été aussi élevés au cours de la dernière décennie et qui ne montrent aucun signe d’affaiblissement.

D’autre part, les 2 365 milliardaires du monde ont vu leur richesse augmenter de 54 % la même année. Au total, ils ont gagné 4 000 milliards de dollars en 2020, dont près de la moitié est partagée par les 20 premiers de la liste. Ce montant est bien supérieur à ce dont le monde a besoin pour mettre fin à la faim dans le monde ; une étude a estimé que 330 milliards de dollars étaient nécessaires pour éradiquer la faim au cours de la prochaine décennie, même si les solutions proposées fonctionnent dans le cadre néolibéral actuel.

Malheureusement, ce sont les mêmes milliardaires qui sont à l’origine des réformes de « relance » proposées lors des principaux événements organisés par les Nations unies cette année, ce qui n’est pas surprenant après le partenariat stratégique signé en 2019 par l’ONU avec l’organisation du lobby des milliardaires qu’est le Forum économique mondial. Au sein de la Coalition populaire pour la souveraineté alimentaire (PCFS), nous avons même lancé une déclaration de signature pour nous opposer à ce partenariat.

L’ONU a tenu à mettre l’accent sur l' »inclusivité » lors de ces événements, notamment le Sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires et la COP 26. En accordant de l’attention à la participation des groupes vulnérables et discriminés de la société, ces gouvernements et leurs cohortes de milliardaires brossent un tableau de la coopération des peuples en dépit de leur domination et de leur diktat sur le status quo.

Dans le même ordre d’idées, les Nations unies commémorent cette année la Journée internationale des droits humains sous le thème « Tous humains, tous égaux : Reconstruire mieux, plus juste, plus vert », en mettant l’accent sur l’égalité. Les Nations unies décrivent les objectifs de développement durable comme un « programme pour l’égalité », et il n’est pas étonnant qu’elles le réitèrent alors qu’elles s’efforcent d’atteindre l’objectif 2030.

Cependant, ce n’est rien d’autre qu’une inclusion de pure forme – une vernis trompeur pour continuer à monopoliser nos terres et nos systèmes alimentaires, pour préserver l’empire alimentaire mondial des entreprises. Les mouvements populaires du monde entier, en particulier ceux du Sud, ont réfuté cette inclusion prétentieuse en organisant leurs propres plateformes pour contrer ces événements, comme le Sommet mondial des peuples sur les systèmes alimentaires et l’Action des peuples du Sud sur la COP 26.

Le peuple ne sera jamais égal à ceux qui détiennent le pouvoir et la propriété de nos structures sociales et de nos forces de production. L’égalité dans le contexte des droits humains, y compris le droit à l’alimentation, ne sera jamais réalisée si l’on ne s’attaque pas aux violateurs. L’inclusion des personnes ne peut pas faire grand-chose sans tenir pour responsables ceux qui abusent de leurs positions de pouvoir.

À l’occasion de la Journée internationale des droits humains, PCFS souligne l’affirmation des mouvements populaires ruraux en faveur des droits humains, en particulier de la souveraineté alimentaire des populations, qui est la réalisation du droit à l’alimentation. Dans le même ordre d’idées, il faut exiger que les gouvernements et les entreprises qui perpétuent les violations des droits humains rendent des comptes, ce qui est souvent considéré comme une demande légitime en raison de leur influence sur les espaces politiques.

Nous avons vu des gouvernements donner leur feu vert à l’accaparement des terres par les entreprises et au pillage des ressources par le biais de projets de développement agressifs, déplaçant les communautés rurales et les peuples autochtones de leurs domaines ancestraux. Ainsi, la lutte pour les droits fonciers menée par le groupe de coordination multisectoriel Our Land is Our Life en Afrique contre la capture par les entreprises.

La promotion de réformes fondées sur le marché et de solutions techniques visant à accroître la production agricole a privé les petits exploitants de leurs moyens de subsistance. C’est le cas des trois lois sur l’agriculture en Inde, qui ont suscité une protestation des agriculteurs pendant un an et ont abouti à leur abrogation.

Les politiques répressives étouffent et même tuent littéralement les dissidents légitimes, tandis que la militarisation – qu’il s’agisse de guerres par procuration ou de contre-insurrection nationale – bénéficie souvent d’un budget important. Nous le constatons dans l’occupation illégale et injuste de la Palestine par Israël et dans les meurtres de paysans, les arrestations et disparitions illégales et les attentats à la bombe commis par le gouvernement philippin, qui ont été rendus possibles par la loi antiterroriste.

La PCFS sera toujours solidaire des mouvements populaires ruraux en Afrique, en Inde, en Palestine, aux Philippines et dans le reste du monde qui ont persisté dans la lutte pour la souveraineté alimentaire. Nous profitons de cette occasion pour soutenir l’appel demandant à la Cour pénale internationale d’aller de l’avant avec son enquête contre les gouvernements d’Israël et des Philippines.

La lutte pour les droits des personnes et le droit des personnes à l’alimentation fait partie intégrante de la lutte pour des systèmes alimentaires justes, équitables, sains et durables. La PCFS continue de faire écho à l’appel de la Déclaration des Peuples par le Sommet Mondial des Peuples sur les Systèmes Alimentaires et fait sa part dans la réalisation des plans d’action du Sommet.

Ce n’est que par nos luttes acharnées que nous pourrons combler le fossé des inégalités et saisir le pouvoir de changer les relations sociales injustes d’aujourd’hui pour transformer nos systèmes alimentaires et atteindre la souveraineté alimentaire. ###

 

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