Réflexions sur la COP26

par Josefina Villegas, coordinatrice des politiques et de l’adhésion des membres du POED

En 2019, le POED a intégré l’agenda du financement climatique dans ses principales arènes de plaidoyer, reconnaissant la pertinence croissante des processus d’atténuation et d’adaptation climatiques dans le discours sur le développement ainsi que les impacts du changement climatique affectant les communautés et les circonscriptions membres.

Cette année-là, la COP25 était placée sous la présidence du Chili, mais en raison de mouvements sociaux et de soulèvements civils coïncidant avec les dates prévues pour la conférence, le gouvernement espagnol a pris le rôle d’hôte pour la 25e édition de la Conférence des parties à la Convention ou CCNUCC (Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques), qui s’est finalement déroulée à Madrid. Cette année-là, le POED a organisé une conférence d’étude en marge de l’événement officiel, dans le but d’élaborer un premier cadrage et un positionnement politique sur le financement de l’action climatique et ses liens avec la coopération efficace pour le développement (CED).

La COP26, qui devait se tenir en 2020, a dû être reportée en raison de la pandémie de COVID-19. Cette année-là représentait un point crucial dans les négociations visant à atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris (AP) sur l’atténuation du climat. Les pays devaient soumettre leurs contributions déterminées au niveau national (CDN), c’est-à-dire la feuille de route des engagements en matière de réduction des GES. Des accords pertinents devaient être conclus concernant le règlement de mise en œuvre de certains articles de l’Accord de Paris, relatifs aux marchés du carbone et à la manière dont les objectifs devaient être atteints et – plus spécifiquement – mesurés et comptabilisés.

Sous la présidence du Royaume-Uni (en partenariat avec l’Italie), la COP26 a finalement eu lieu à Glasgow, en Écosse, du 31 octobre au 13 novembre 2021. Malgré les efforts déployés pour faire savoir que la conférence était un événement « inclusif », l’accès inégal à la vaccination a rendu l’engagement en personne limité et restrictif pour les parties et autres parties prenantes, affectant particulièrement la représentation des populations autochtones.

Le POED a participé à l’événement officiel ainsi qu’au Sommet des peuples pour la justice climatique, dirigé par la société civile, par le biais d’une délégation composée de la coprésidente Beverly Longid et des membres de l’équipe du Secrétariat mondial Josefina Villegas et Glenis Balangue. Les objectifs d’obtenir des informations de première main sur les discussions actuelles sur le financement du climat ainsi qu’une carte actualisée des parties prenantes, de se familiariser avec les efforts d’autres OSC et d’établir des contacts avec des organisations travaillant sur des propositions pour une transition juste ont été atteints. Nous avons remarqué l’absence criante de l’efficacité du développement dans les discussions, tant de la part des parties officielles que des propositions du secteur privé. Même pour les panels d’OSC sur le financement du climat, les principes de la CED n’étaient généralement pas envisagés ou évoqués de manière très claire et directe.

Malgré l’appel et l’incitation à augmenter le financement de l’atténuation des effets du changement climatique et de l’adaptation à ses effets, principalement par le biais de l’investissement du secteur privé, et malgré une rhétorique floue sur la décarbonisation de l’économie et l’abandon progressif des combustibles fossiles « inefficaces », la COP26 a répondu à certaines attentes en parvenant à des accords sur le règlement de l’AP et l’engagement accru envers le financement de l’adaptation. Les pays ont présenté et mis à jour leurs CDN plus fréquemment, ce qui devrait indiquer un intérêt politique et économique croissant pour cet agenda. Malgré cela, la réduction des GES que représentent ces engagements ne permettrait pas au monde de se rapprocher de l’objectif de 1,5º au-dessus de l’ère préindustrielle.

Dans ce contexte, les demandes d’une ambition accrue en matière d’atténuation, d’une intensification des efforts de financement de l’adaptation, mais aussi d’une annulation de la dette du Sud par tous les créanciers, d’un financement climatique sous forme de dons pour le Sud et de réparations pour les pertes et les dommages sont toutes au centre des revendications des OSC sur le changement climatique. L’une de nos principales évaluations de la COP26 est qu’il semble y avoir une opportunité significative d’accroître l’élan politique pour la CED en la reliant au financement climatique et aux liens avec les discussions et négociations sur les ODD. Les discussions sur la transition juste et le développement de technologies nouvelles et propres manquent d’une approche du point de vue de la CED. Dans le même ordre d’idées, il n’existe pas de cadre réglementaire clair pour l’implication du secteur privé dans l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, malgré l’encouragement très concret à ce que l’argent public continue à contribuer à la mobilisation des investissements du secteur privé pour remplir le mandat de l’Accord de Paris.

Il est suggéré au Groupe de travail sur le financement du climat d’anticiper notre engagement pour la COP27 (qui se tiendra en Égypte) dès le début de 2022, afin de discuter et de décider des activités préalables au sommet pour préparer le terrain et maximiser les opportunités et les ressources. Cette même stratégie devrait envisager d’alimenter un plan visant à accroître la participation du POED sur les questions de financement du climat et de CED dans le cadre des discussions du PMCED, conformément à la prochaine réunion de haut niveau (RHN) 2022.

Facebook
Twitter
LinkedIn

Related Posts

Welcome Back!

Login to your account below