POED Réponse à l’ébauche finale du document final post-2015

Le POED reconnaît l’engagement de la communauté internationale dans l’agenda de développement post-2015 qui promet de ne laisser personne derrière. C’est de loin la tentative la plus ambitieuse des gouvernements pour trouver une solution globale aux problèmes du monde qui inclut les piliers sociaux, économiques et environnementaux du développement durable. Après presque trois ans de négociations, 193 Etats membres ont approuvé par consensus le document final du 2 août dernier qui collecte des données d’un large éventail d’acteurs, y compris la société civile.

Nous reconnaissons les éléments positifs dans l’ébauche finale du document final post-2015 intitulé «Transformer notre monde 2030» qui comporte 17 buts et 169 cibles qui fixeront le système pour le développement mondial dans les 15 prochaines années. Nous prenons note de la réaffirmation cohérente des principes d’efficacité fondamentaux, y compris les références à la propriété et le leadership ainsi que les formes responsables de la gouvernance. Cependant, nous croyons que le document ne satisfait pas le niveau d’engagement requis pour tenir un tel programme ambitieux.

Nous croyons qu’il devrait y avoir une forte volonté du programme de développement post-2015 d’adopter une approche fondée sur les droits et soutenir les engagements convenus au niveau international sur les droits humains, le travail décent, l’égalité des sexes, la durabilité environnementale et le handicap. Dans cette veine, nous exprimons la déception quant à la suppression du statut de migrant, l’ethnicité et l’âge du paragraphe 19 qui traite des questions de discrimination. Nous exhortons également les gouvernements à reconnaître explicitement le droit au développement dans l’ensemble du texte.

Un point majeur de discorde dans la plupart des négociations internationales est le principe de responsabilité commune mais différenciée (RCMD). La RCMD est un principe clé de Rio qui reconnaît les différences dans les contributions des pays développés et en développement aux problèmes environnementaux, et différencie la responsabilité fondée sur la capacité économique et technique respective de chaque pays. La section sur les RCMD a été abandonnée à la dernière minute et n’a pas été confirmée par l’ensemble du cadre de SDG. Nous réaffirmons avec force que les RCMD est un point crucial et un principe directeur qui devrait être maintenu au-delà des limites de discussions sur le climat.

Le document final post-2015 aura sans aucun doute un impact sur les prochaines négociations sur le climat en décembre. Nous exprimons de la déception dans la suppression des références importantes qui portent sur l’atténuation, l’adaptation, et le soutien aux pays en développement. En outre, les références au financement climatique restent faibles et ne parviennent pas à se distinguer séparément de l’APD.

Moyen de mise en œuvre, suivi et examen

Ce qui est crucial à ce programme est le mécanisme solide du suivi et de l’examen pour faire le point des progrès et assurer l’application effective du programme. Dans cette optique, nous partageons ci-dessous quelques recommandations clés axées sur les moyens de mise en œuvre, le suivi et l’examen:

Pour le suivi et l’examen:

La section se référant au forum politique de haut niveau (HLPF) présente le faible langage qui renforce la nature volontaire de l’information et de la participation. Le langage sur le mandat pour examen aux sections globales, régionales et nationales devrait être renforcé pour mettre l’accent sur des approches inclusives et participatives.
Nous maintenons que lorsqu’il y a des liens clairs, le financement du développement (FdD) et le post-2015 sont deux processus distincts qui doivent rester complémentaires plutôt que combinés. Le financement du développement a son propre processus de suivi et d’examen qui est complémentaire, et non intégré à l’HLPF. Cette distinction est nécessaire afin de garantir que le niveau d’ambition ne se dilue pas dans les deux processus.

Pour le plan de mise en œuvre:

Nous réaffirmons que le plan de mise en œuvre doit être étayé par les principes fondamentaux de l’efficacité du développement – à savoir, l’appropriation démocratique, l’inclusion et la transparence.
La section sur les moyens de mise en œuvre surestime le rôle du secteur des entreprises et a trop confiance en l’Organisation mondiale du commerce (OMC), sans tenir compte de son rôle qui contribue aux multiples crises mondiales.
Sur la participation effective de la société civile:

Nous croyons que tout mécanisme d’examen qui est basé uniquement sur la déclaration officielle du gouvernement ne manquera pas de traction politique et de soutien des acteurs concernés. Malgré les références répétées de la société civile, il n’y a aucune mention claire de l’implication des OSC dans le processus de suivi et d’examen ainsi que dans la mise en œuvre du programme. Le processus d’examen doit satisfaire le niveau d’inclusion exigé par le programme – y compris la participation significative de la société civile dans les processus d’examen nationaux, régionaux et mondiaux.
L’examen au niveau des pays sert de pierre angulaire de la responsabilité pour l’agenda du développement post-2015. Les processus d’examen à niveau national doivent fournir un espace formel et structuré pour la participation inclusive et effective des organisations de la société civile et les personnes qu’ils représentent. Ils promeuvent un dialogue permanent entre les sujets d’obligations, les détenteurs de droits et d’autres acteurs.

Aller de l’avant

En fin de compte, le succès de ce programme sera évalué par sa capacité à traiter les causes profondes de la pauvreté et de l’inégalité, ainsi qu’à garantir les droits de l’Homme et le bien-être à travers toutes les dimensions. Un pas dans cette direction exige la mise en œuvre de l’agenda post-2015 inscrit et basé sur les principes de l’appropriation démocratique, la justice sociale, l’émancipation des femmes, et le droit au développement.

Le défi consiste maintenant à ce que la communauté internationale remplisse ces engagements et mesure le niveau de l’ambition nécessaire pour mettre en œuvre le programme de manière efficace tout en respectant les normes les plus élevées de transparence et de responsabilité.

Le POED demeure déterminé à s’engager et contribuer significativement à la mise en œuvre du programme aux niveaux national, régional et mondial. Nous continuerons d’affirmer notre espace légitime et de mettre en avant un monde durable pour tous.

Le Partenariat des OSC pour l’efficacité du développement (POED) est une plateforme ouverte qui travaille à promouvoir un meilleur développement. Il unit plus de 4000 organisations communautaires, les syndicats, les organisations confessionnelles, les groupes de jeunesse, les mouvements de jeunesse, les groupes indigènes et les ONG du monde entier.

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